Le géant Samsung ne doit plus faire travailler des enfants !

Plusieurs fois épinglée pour les conditions sociales dans lesquelles sont fabriqués ses produits en Chine, visée par une plainte en France pour « pratiques commerciales trompeuses » et nominée aux « Prix Pinocchio du développement durable », la multinationale coréenne est aujourd’hui mise en cause dans de nouvelles enquêtes de notre partenaire chinois, le China Labor Watch (CLW).
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Juillet 2014 : les enquêteurs du China Labor Watch lancent (clandestinement) des investigations dans deux usines chinoises qui travaillent pour Samsung : Shinyang Electronics, dans le Dongguan, et HEG Electronics, à Huizhou. Sur les deux sites de production, les enquêteurs recensent du travail de mineurs, recrutés en urgence pour faire face aux pics de production.

Des enfants sur les lignes de production

Les jeunes gens que les enquêteurs ont interrogés travaillent généralement durant 3 à 6 mois, 11 heures par jour, sans être payés en heures supplémentaires. De plus, l’usine ne cotise pas pour eux à la sécurité sociale comme le prévoit pourtant la loi et, en fin de mission, ils partent sans percevoir d’indemnité de licenciement.
Dans le cadre de l’enquête menée auprès de l’usine HEG Electronics, notre partenaire a obtenu une liste de plus de 10 enfants de moins de 16 ans qui fabriquaient des composants pour Samsung. Le plus jeune était âgé de 14 ans.
Des étudiants sous-payés et trompés
En plus du recours au travail d’enfant, plus de 100 étudiants de l’université d’Hubei étaient employés à HEG Electronics. Ni les salaires pour les heures supplémentaires, ni les primes de travail de nuit ne leur étaient versées. De plus, l’agence d’intérim avait promis à ces jeunes le remboursement intégral de leurs frais de transport mais la direction de l’usine a finalement déclaré qu’elle ne paierait que si les étudiants continuaient à travailler jusqu’au 10 septembre, alors que les cours reprenaient avant cette date.

Des conditions de travail indignes

A Shinyang comme à HEG Electronics, les enquêteurs ont dénombré de nombreuses autres catégories de violations parmi lesquelles :
des heures supplémentaires excessives et non payées ;
l’absence de cotisation à la sécurité sociale ;
des lacunes dans l’information sur la sécurité ;
un manque d’équipement de protection adéquat malgré la manipulation de produits chimiques dangereux ;
des pratiques d’embauche discriminatoires ;
le recours abusif au travail temporaire ;
l’obligation imposée aux travailleuses et travailleurs de signer des contrats de travail vierges ;
l’obligation de travailler debout pendant 12 à 13 heures d’affilée.

 

Une communication mensongère, des audits défectueux

En 2012, le China Labor Watch avait déjà dénoncé le recours au travail d’enfant par HEG Electronics. En réponse, Samsung avait promis de prendre des mesures.
Suite aux premières dénonciations des ONG, Samsung avait plus généralement promis d’auditer ses sous-traitants, de corriger les violations qu’elle constaterait et d’empêcher le recours au travail d’enfant. Deux ans plus tard, la compagnie continue de proclamer une politique de « tolérance zéro » à l’égard du travail d’enfant et son engagement à respecter « les normes les plus élevées » en la matière. Mais qu’en est-il dans les faits ?
Le 30 juin dernier, au moment même où les enquêteurs du China Labor Watch découvraient que des enfants étaient employés sans contrat de travail dans l’usine de Shinyang, Samsung publiait son rapport « développement durable » 2014 dans lequel elle indique n’avoir trouvé « aucun cas de travail d’enfant » chez ses fournisseurs. Preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que les audits et autres contrôles d’usines commandités par les entreprises donneuses d’ordres sont inefficaces et ne mettent pas en lumière les conditions réelles de travail et de vie des ouvriers-ères.

La mobilisation se renforce

Depuis deux ans, nos campagnes s’intensifient pour améliorer les conditions de vie des milliers de femmes et d’hommes qui travaillent pour Samsung.
Sur le terrain, le China Labor Watch a mené pas moins de dix-huit enquêtes dans la chaîne d’approvisionnement de Samsung en Chine. En février 2013, Peuples Solidaires – ActionAid France et ses partenaires – l’association de juristes « Sherpa » et l’association de défense des consommateurs « Indecosa-CGT » – ont lancé un premier Appel Urgent qui a recueilli près de 25 000 signatures. Parallèlement, avec nous avons déposé une plainte contre Samsung, auprès du Parquet de Bobigny, pour dénoncer les « pratiques commerciales trompeuses » de la marque. Le raisonnement juridique est simple : puisque la marque communique sur ses engagements et se présente comme respectueuse des droits humains, elle donne des informations de nature à induire le consommateur en erreur.
Actuellement, nous proposons que Samsung reçoive le prix Pinocchio du développement durable dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ».
Pour porter leurs fruits, ces initiatives doivent être relayées par une mobilisation massive.